Groupe d’étude - histoire de

la formation des adultes

 

CYCLE DE TROIS SEMINAIRES SUR LE THEME DE

 

La formation de formateurs

1960-1975

 

23 mars, 25 mai, 12 octobre 2004

Coordination : Françoise F. Laot

 

 

Des pratiques de « formation des adultes » existent depuis longtemps. Au 19ème et au début du 20ème siècle, elles mettent en œuvre des méthodes actives, dans certains mouvements d’éducation populaire (les cercles d’études par exemple), ou bien reproduisent celles de l’école ou de l’enseignement supérieur, comme c’est le cas dans la plupart des cours du soir. Néanmoins les « formateurs » d’alors suivent rarement eux-mêmes une formation spécifique. Ce sont des enseignants à qui l’on demande d’étendre leur service à ceux qui ont déjà quitté l’école, ce sont des intellectuels désireux d’échanger des idées avec des ouvriers peu cultivés, ce sont encore des « militants » laïcs ou religieux qui vivent leur engagement comme une vocation sociale et/ou politique.

 

Au sortir de la deuxième guerre mondiale de nouveaux besoins se faisant sentir, la question de former des adultes, vite et en grand nombre, devient cruciale. La spécificité du public « adulte » en formation est reconnue comme une composante essentielle à prendre en compte dans les méthodes et les pratiques. Former des formateurs devient la condition sine qua non du développement économique et social. Ceux-ci sont encore le plus souvent des formateurs occasionnels : des cadres formés pour intervenir dans leur milieu de travail auprès de leurs propres équipes (c’est la vocation des formations TWI venues des USA), ou encore des militants de la culture populaire qui se forment à des techniques (entraînement mental de Peuple et Culture, conduite de réunion et animation de groupes) pour intervenir efficacement en tous lieux de vie. Puis, avec le développement des sciences humaines et leur irruption dans le monde de l’entreprise dans la France des années 50, on commence de plus en plus à considérer la relation pédagogique auprès d’adultes comme étant essentiellement un problème de relations humaines.

 

La période qui précède l’ouverture du marché de la formation, avec la loi de 1971, est intéressante à étudier à plus d’un titre. C’est une période ouverte, où toutes les orientations en matière de formation sont possibles. La professionnalisation des formateurs reste encore souvent jugée peu opportune, mais leur formation commence à s’institutionnaliser, tout en empruntant à différents courants. Deux modèles de formation de formateurs retiendront particulièrement notre attention : un modèle inspiré de la formation professionnelle où l’aspect technique du métier prévaut, et un modèle de formation plus généraliste, où l’accent est plutôt mis sur les aspects communicationnels et méthodologiques.

 

Séance du 23 mars 2004

Un modèle « professionnel » de la formation de formateurs

Intervenant : Jean-François Nallet, directeur technique à l’AFPA.

 

La séance sera consacrée au modèle de formation de formateurs développé à l’AFPA à partir d’archives, de textes de présentation, de programmes et de contenus de formations proposées par cette institution dans les années 60-70.

Le modèle professionnel s’entend ici comme donnant la priorité au métier : le formateur est avant tout un professionnel compétent dans son domaine. Pour devenir formateurs, ces professionnels suivent une formation à « la méthode AFPA » (inspirée de la méthode Carrard) basée sur la transmission progressive des gestes professionnels. Il sera intéressant de questionner ces pratiques, notamment à partir de l’angle du rapport au travail, et de voir en quoi le développement, en d’autres lieux, d’une nouvelle figure du formateur, ainsi que l’avènement de la loi de 1971 viennent (ou non) percuter ce modèle professionnel du formateur.

 

Séance du 25 mai 2004

Un modèle « généraliste » de la formation de formateurs

Intervenant : Pierre Caspar, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers

 

Partant d’un rapide retour sur une action de transformation de la culture scientifique et technique d’ingénieurs d’une grande entreprise, réalisée entre 1963 et 1970, la séance se centrera sur la démarche de formation de formateurs inhérente à « l’intervention ». Plutôt que de former en direct les ingénieurs de l’entreprise aux méthodes statistiques, l’intervention a consisté à prendre un petit groupe d’ingénieurs réputés déjà compétents en mathématiques pour se centrer sur leur formation en tant que formateurs. C’est un modèle généraliste qui a été alors mise en œuvre, plutôt qu’un modèle professionnel spécifique au métier d’ingénieur. La démarche s’est appuyée sur un ensemble de valeurs, mais aussi d’instruments et de méthodes pédagogiques créés pour la circonstance et qui ont été (avec d’autres travaux réalisées au même moment dans d’autres entreprises) à l’origine de la formation de formateurs au CUCES de Nancy.

 

Séance du 12 octobre 2004

Table ronde : La formation de formateurs : conflits de modèles et idéologies

Intervenants : Bernard Masingue, Directeur-adjoint de la formation, groupe Vivendi Environnement

Bernadette Aumont, Psychosociologue, fondatrice du CEPREG

Michel Dumas, Directeur-adjoint IUFM des Pays de la Loire

 

Des courts modules intensifs à la formation alternée sur deux ou trois ans, tous les modèles de formation de formateurs sont expérimentés, dans le fond et dans la forme, au cours des années 60. Ces expérimentations diverses vont peu à peu se normaliser à partir du milieu des années 70, ou se spécialiser en fonction de l’arrivée de nouveaux publics (jeunes et chômeurs). Cette troisième séance sera consacrée à une table ronde qui reprendra les oppositions et les idéologies propres aux deux modèles explorés précédemment : modèle professionnel et modèle généraliste. On y prendra pour exemple la formation de formateurs au sein de différentes institutions (CESI, AFPA, CEPREG, Education nationale…) On y interrogera les choix pédagogiques, ainsi que la durée de la formation de formateurs : stage opérationnel de courte durée ou formation longue ?

 

 

Les séminaires ont lieu à l’Ecole supérieure de travail social (ETSUP) à partir de 17h30

8, villa du parc Montsouris 75014 Paris

RER : Cité Universitaire – Métro : Porte d’Orléans

 

histoire des institutions pionnières de la formation des adultes – séminaire ouvert

davantage d’informations sur le site http://gehfa.com