Les séminaires

du Gehfa

 

Les séminaires ont lieu à l'ETSUP
(de 15h30 à 17h30)
Attention, le 6 décembre 2011, changement d'horaire : 17h-19h
8 villa du Parc Montsouris, 75014 Paris

RER : Cité Universitaire ou
M° Porte d'Orléans
T3, arrêt Montsouris

Accès libre

 

Prochain cycle de séminaires du Gehfa :

Les adultes et l'éducation populaire par le cinéma (1899-1946)

Mardis 4 octobre, 6 décembre 2011 et 7 février 2012

Coordination Pascal Laborderie
(Professeur en Sciences de l'information et de la communication à l'IUT de Troyes, associé à l'IRCAV - EA 185 – Paris 3)

Les travaux du GEHFA sur l'histoire de la formation des adultes au moyen de l'image ont récemment contribué à la publication d'un ouvrage collectif : L'image dans l'histoire de la formation des adultes , Françoise F. Laot (dir.), Paris, L'Harmattan, coll. Histoire et mémoire de la formation, 2010 . Dans la continuité de cette recherche, le GEHFA organise un cycle de séminaires sur l'éducation populaire des adultes par le cinéma.

En France, dans la première moitié du XXème siècle, les associations laïques et confessionnelles ont eu pour ambition d'encadrer les loisirs des adultes. Dans cette perspective, elles ont notamment instauré de vastes réseaux d'éducation des publics d'adultes au moyen du cinéma : le fameux « cinéma éducateur ». Ce cinéma éducatif se constituait comme une véritable alternative au cinéma commercial que les éducateurs considéraient démoralisant. Il était par ailleurs distinct du mouvement des ciné-clubs, dans la mesure où il programmait des films de tout venant. A partir du milieu des années 1950, le cinéma éducateur fut éclipsé par la cinéphilie, c'est pourquoi nous avons choisi de circonscrire notre recherche à la première moitié du XXème siècle.

Ce cycle a pour objectif d'explorer la diversité des actions de ce cinéma d'éducation populaire à l'attention des adultes et d'interroger ses multiples fonctions en tant qu'il enseigne, éduque, forme et propage tout à la fois. La problématique générale qui consiste à se demander pourquoi et comment les dispositifs d'éducation par le cinéma se sont adaptés aux publics d'adultes sera abordée selon trois axes:

1. Le rôle des organisations étatiques ou paraétatiques dans l'éducation populaire des adultes par le cinéma (le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, le ministère de l'Agriculture, le Comité national de défense contre la tuberculose, l'Office national d'hygiène social, l'Union française des offices du cinéma éducateur laïque); l'importance du cinéma de Jean Benoit-Lévy dans le réseau du cinéma éducateur

2. Les actions de formation des adultes par le cinéma dans leur diversité thématique : la propagande hygiéniste (lutte contre la mortalité infantile, les maladies vénériennes, la tuberculose, le taudis), l'éducation à la citoyenneté, l'éducation économique et sociale, la formation professionnelle.

3. Le cinéma éducateur, un cinéma qui se situe à la frontière entre enseignement, éducation et propagande : la prise en compte de la diversité des publics d'adultes (hommes / femmes, espaces urbains / ruraux), la lutte entre œuvres laïques et confessionnelles, le rôle de Joseph Brenier dans la structuration des loisirs dirigés, la propagande dans l'espace colonial, les politiques d'éducation des adultes par le cinéma dans le monde.

 

PROGRAMME

1ère séance : Mardi 4 octobre 2011

Éducation populaire et images animées dans l'entre-deux-guerres en France :
l'œuvre cinématographique de Jean Benoit-Lévy

Intervenante : Valérie Vignaux (1), maître de conférences, habilitée à diriger les recherches, à l'université François-Rabelais de Tours.

Au cours de cette séance on s'intéressera à la façon dont l'étude de l'œuvre cinématographique de Jean Benoit-Lévy (composée de plus de trois cent films, courts moyens mais aussi longs métrage) a permis de retracer des politiques publiques en faveur d'une production de films destinés à l'éducation populaire, sous-tendue par la mise en place de modes de diffusion, l'ensemble fonction de représentations sociales spécifiques à la période.

A partir d'exemples empruntés aux films on montrera les difficultés épistémologiques d'une telle entreprise. En effet, outre le fait qu'il a fallu restituer des activités, des mentalités et des vocables aujourd'hui révolus, il s'agissait aussi de passer outre, en les interrogeant, les discours dévalorisants qui accompagnent le cinéma éducateur depuis les années soixante-dix.

L'œuvre cinématographique de Jean Benoit-Lévy, restituée dans toute sa complexité économique, institutionnelle mais aussi esthétique, a ainsi démontré l'amplitude et l'importance sociale d'emplois éducateurs du cinéma dans l'entre-deux-guerres en France. Or, en retrouvant un temps de l'histoire d'usages non commerciaux du cinéma en France on était également conduite à repenser les activités cinéphiliques de l'après seconde guerre. Ainsi, se découvre une autre histoire du cinéma en France, histoire en cours d'écriture.

(1) Elle est aussi membre de l'équipe InTru (Interactions, Transferts, Ruptures artistiques et culturels), elle est l'auteure de monographies ( Jacques Becker, Céfal, 2001; Jean Benoit-Lévy , AFRHC, 2007), d'analyse de films ( La Religieuse , Céfal 2005, Casque d'or , Atlande, 2009). Vice-présidente de l'AFRHC (Association française de recherches sur l'histoire du cinéma), elle occupe les fonctions de secrétaire d'édition de la revue 1895 dont elle a dirigé trois numéros ( Archives , 2001, Emile Cohl , 2007, O'Galop/Lortac , 2009). Elle prépare un ouvrage consacré à Georges Sadoul (avec Clément Chéroux, elle a édité Portes, un cahier de collages surréalistes de Georges Sadoul , Textuel, 2009).

 

2e séance : Mardi 6 décembre 2011

Former aux métiers du cinéma dans les années 20 en France : projectionniste et directeur de salle

Intervenant : Philippe Bourdier(2), maître de conférences en arts à l'Université d'Orléans, est spécialiste de la didactique des images et des textes en réception scolaire.

L'intervention mettra en évidence les choix didactiques des manuels de formation professionnelle pour les opérateurs projectionnistes dans les années 1920-1930. Quelles conceptions les discours verbaux et iconiques de ces manuels trahissent-ils du spectacle cinématographique, de la projection de films comme expérience, mais aussi de la formation professionnelle ?

(2) Ses travaux portent actuellement sur le cinéma éducateur après la seconde guerre mondiale ainsi que sur les rapports culturels et artistiques entre la littérature de jeunesse et le cinéma. Dernières publications :
(2011) Images à l'école, image de l'école ; 1880-1960 , éd. Musée de l'école d'Eure-et-Loir
(2008) Un grand écran pour les Lettres : le cinéma et la didactique du français, éd. L'harmattan.

 

3e séance : Mardi 7 février 2012

Le cinéma d'éducation laïque dans l'entre-deux-guerres : à la croisée du politique et de l'associatif

Intervenante : Nathalie Sévilla(3) est Maître de conférences en STAPS à l'IUFM de Lorraine, membre du Centre de recherche universitaire lorrain d'Histoire, Université Paul Verlaine-Metz.

Dans l'entre-deux-guerres, le monde éducatif, dont la Ligue de l'Enseignement, s'approprie le nouveau vecteur culturel qu'est le cinéma. Faute d'une prise en charge du cinéma d'enseignement et d'éducation par l'État, la Ligue confédérale, sous l'impulsion de Joseph Brenier, opte et œuvre pour le développement et le regroupement des offices du cinéma éducateur en son sein par la création de l'Union française des œuvres du cinéma éducateur laïque (UFOCEL). L'homme a su rallier et structurer un ensemble d'initiatives privées pour répondre aussi à la concurrence du cinéma catholique. Force d'actions, de coordination et de propositions dans ce domaine, la Ligue œuvre par ce vecteur à la formation (civique, professionnelle, culturelle) mais aussi à la laïcisation des jeunes adultes. Elle agit comme un groupe de pression pour que l'État définisse une véritable “ politique culturelle ” du cinéma d'enseignement et d'éducation, au sens où l'entend Pascal Ory : médiation, création et organisation. Joseph Brenier souhaite mener le projet plus loin : intégrer l'UFOCEL dans le giron de l'Education nationale pour un ministère au service de la formation de tous les publics dans les domaines social et culturel. L'analyse du profil des responsables des offices, bien souvent cadres de l'Éducation nationale, témoignent de leurs engagements pluriels (politique, laïque, associatif ou maçonnique). L'organisation se place aussi dans les structures internationales avec le souci de promouvoir les échanges avec l'étranger dans une perspective pacifiste. Elle invite l'industrie française à ne pas s'enfermer dans la production d'un format national. Par une politique de la présence, elle veille, à son niveau, sur l'ingérence potentielle des pays non démocratiques au sein de la SDN.

(3) Dernières publications :
“ Les ligues pour une éducation laïque et civique en Espagne. De la Restauration à la Seconde République ” dans Olivier Dard, Nathalie Sévilla (textes réunis par), Le phénomène ligueur en Europe et aux Amériques , collection du CRULH, n° 42, 2011.
“ La fédération nationale Léo Lagrange ” et “ Sport laïque ” dans Dictionnaire culturel du sport , Michaël Attali, Jean Saint-Martin (dir.), Armand Colin, Paris, 2010.
“ Les ligues. Tentatives de définitions ” et “  La Confédération générale des œuvres laïques (1925-1940) : ligue ou organisation culturelle ? ” dans Olivier Dard, Nathalie Sévilla (textes réunis par), Le phénomène ligueur sous la IIIe République , collection du CRULH, n° 36, 2009.
Nathalie Sévilla et Emmanuel Naquet, “ La ligue de l'enseignement et la ligue des droits de l'Homme au temps du Front Populaire : deux associations parapolitiques face aux enjeux politiques posés à la gauche citoyenne ”, pp. 233-246, in Les deux France du Front populaire , (dir.) Gilles Morin, Gilles Richard, L'Harmattan, 2008.

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Précédent séminaire

La fondation universitaire de Belleville,
une université à l'anglaise

Mardi 17 mai 2011

Intervenant : Pierre Moulinier, ancien chargé d'étude au Ministère de la culture, Groupe de recherche sur les militants associatifs (GRMA)
Discutant : Lucien Mercier, Maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Tours

 

 

Séminaires et événements précédents :

Les séminaires précédents

Tous les séminaires du gehfa 1997 - 2007

L'éducation populaire et la loi de 1971 : espoirs et désillusions Mardi 16 mars 2010, Peuple et Culture, Paris.

Rencontre autour de l'oeuvre d'Antoine Léon Vendredi 30 janvier 2009, Gehfa, Faculté des sciences sociales et humaine de l'Université Paris Descartes, Sorbonne, Paris.

Former des adultes : la nécessaire articulation entre savoir et action. (Journée d'étude autour de l'oeuvre de Gérard Malglaive, Paris, CNAM, Vendredi 23 mai 2008)

Colloque Syndicalisme et formations (Amiens - 16, 17, 18 janvier 2008)

Séminaire Européen - European Seminar (Paris - Sorbonne, juin 2006)

Colloque Pour une histoire de la formation des adultes (Lyon, 8ème Biennale de l'éducation et de la formation, 13 avril 2006)