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L'image dans l'histoire de la formation des adultes
Mardis 9 décembre 2008, 3 février et 17 mars 2009
Coordination : Françoise F. Laot
Depuis très longtemps, l'image est considérée comme le moyen de faire accéder plus facilement au savoir différentes catégories de personnes d'un niveau d'instruction sommaire.
Avant d'illustrer, l'image a une fonction de représentation, par exemple des scènes de la vie religieuse sur les murs des lieux de cultes pour un peuple analphabète. Elle apparaît donc comme un substitut du texte, donnant accès à un savoir sensible, chargé d'émotion.
Elle aura plus tard une fonction d'accroche. Si le slogan « Le poids des mots, le choc des photos » est inventé comme le journal qui l'affiche en 1949 (date de création de Paris Match ), l'idée en est beaucoup plus ancienne. Le terme « illustration », dans le sens d'image gravée associée à un texte sur un support papier, apparaîtrait dans la langue française vers 1830, au moment où la technique industrielle permet un nouveau procédé d'édition (avec des gravures d'abord, des photographies ensuite). Et les premiers journaux illustrés se donnent mission pédagogique. Ainsi Charton, ce publiciste visionnaire qui crée en 1833 le Magasin pittoresque puis, en 1843, la revue l'Illustration, accorde-t-il à l'image une importance décisive. Il la charge d'une vocation enseignante.
Petite image deviendra grande, d'abord noyée dans le texte, elle s'affichera sur toutes les unes, puis sur les murs et dans les salles obscures. Avant l'invention du cinématographe, la projection par la « lanterne magique » permet à toute une foule de visionner la même image. Et on en fait grand cas dans les « causeries » ou dans les conférences populaires, comme par exemple à l'Université municipale de Paris à l'hiver 1891 comme en témoigne Edouard Petit (1) : « Le public est venu en foule. Il n'y a jamais eu moins de cent assistants. Souvent, quand il s'agissait de sujet point trop graves, point trop arides, plus de trois cents amateurs accouraient. Les projections exerçaient un grand attrait. Pour peu qu'une lanterne fasse défiler quelques vues bien parlantes et vivantes et qu'on le sache d'avance, il y a une belle salle ». Certains se « contentent » des images, réputées plus faciles, d'autres, assidus, vont à tous les cours. L'image est censée appeler un public plus « populaire », on en use et en abuse parfois, on encourage les instituteurs à s'en servir dans les cours d'adultes. Geneviève Poujol remarque à ce sujet que « l'on commence alors à faire à l'audio-visuel une confiance démesurée » (2). L'image animée nécessite, elle, un matériel plus sophistiqué. Il faudra attendre quelques années avant que le cinéma puisse aussi jouer sa partie éducatrice.
Puis, lorsque la « lanterne » se transformera en « lucarne » (tout aussi magique) et qu'elle en viendra à s'installer directement chez les gens dans les années 1950, alors tous les espoirs se porteront sur ce « nouveau média de masse » censé apporter la culture à domicile. Lire la suite...
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(1) Petit E., L'instruction populaire in L'éducation moderne , Edition de Paris : P. Delaplane, 1892, p. 166
(2) Poujol G., L'éducation populaire : histoire et pouvoirs, Economie et humanisme ; Les éditions ouvrières, 1981, p. 93
9 Décembre 2008
Les projections lumineuses dans les cours du soir
Systèmes techniques et dépression économique à la fin du XIXe siècle
Jacques Perriault, Université de l'Ouest parisien, Nanterre, La Défense
Les travaux sur la formation des adultes dans le dernier tiers du 19ème siècle ont été principalement éclairés jusqu'à présent par la connaissance que nous avons de la pensée ouvrière et de celle de quelques grands noms tels que ceux de Ferdinand Buisson, d'Octave Gréard, d'Edouard Petit. J'ai repris mes travaux et ceux d'autres chercheurs sur cette question - à propos des projections lumineuses dans les cours du soir - à la lueur des connaissances acquises depuis une vingtaine d'années, d'une part en histoire des techniques, à propos des systèmes dits techniques, et, d'autre part, en économie sur les crises et dépressions en France au 19ème siècle.
Mon propos est de mieux comprendre le contexte social qui conduisit un nombre considérable de gens à fréquenter les cours du soir, en progression constante depuis la fin du Second Empire jusqu'à celle du siècle. Afin de construire des hypothèses sur les motivations réelles des individus qui s'y inscrivent, il s'agit de reconstituer le climat de cette période en termes d'emploi, d'innovation, de concurrence internationale, de fermeture d'entreprises et d'ouverture de nouveaux chantiers.
La problématique du système technique (Bertrand Gille, Thierry Gaudin) contribue à mieux rendre compte de l'emballement technologique qui caractérise cette période, au cours de laquelle apparaissent et se développent notamment le chemin de fer, l'industrie chimique, le moteur à explosion et l'électricité. Les études économiques (Bernard Rosier) améliorent notre connaissance de la « grande dépression » (1873-1896), qui se caractérise par une mise en défaut itérative des techniques de production, incapables de répondre à une croissance en constante évolution. Le rapprochement des deux problématiques éclaire l'exigence permanente d'une productivité accrue, avec un système technique en mutation, qui accroît le machinisme et déstabilise le monde du travail dans une société fortement perturbée par la spéculation.
Je me propose de reconsidérer sous ce double éclairage le mouvement d'éducation des adultes et ses motivations. Cela devrait ouvrir des pistes de recherche pour mieux le situer dans cette phase de la société industrielle, qui n'est pas sans analogie avec la nôtre.
3 février 2009
Viviane GLIKMAN, maître de conférences INRP /
Centre de recherche sur la formation du Cnam - Paris
Parmi les actions de télévision éducative pour adultes diffusées sur les chaînes nationales dans les années 1960 et 1970, la plus significative, produite par un établissement du ministère de l'Éducation nationale et connue sous le nom de RTS/Promotion, a perduré jusqu'en 1985. Il sera ici question des deux premières périodes qui ont marqué son histoire, correspondant à ce qu'on a pu appeler « l'âge d'or de la télévision éducative ». Nous évoquerons le contexte et les conditions de sa création, de son expansion et de sa réception, jusqu'au moment où la loi de 1971 sur la formation professionnelle continue, provoquant un profond renouvellement des politiques de promotion sociale, a commencé d'infléchir ses missions et sa programmation.
* Cette analyse s'appuie sur une thèse de doctorat en Sciences de l'éducation : Évolution d'une politique en matière de technologie éducative : histoire de RTS/Promotion, une expérience française de télévision éducative pour adultes (1964-1985) , Université Paris V-René Descartes, 1989.
17 mars 2009
L'image : un média sans médiateur ? (Témoignages d'acteurs)
Animation : Michel Blachère
Dans la série d'émissions « Des mots pour nous comprendre », Roland Garnier créateur puis directeur de RTS PROMOTION avait consacré tout un épisode au témoignage et à sa distance avec la vérité. C'était en 1966/67.
C'est donc avec prudence et beaucoup de modestie vis-à-vis des études réalisées sur cette période très inventive et créatrice de la télévision éducative pour les adultes, que certains acteurs viendront témoigner.
Dans cette période 1968-1973, l'« image éducative pour les adultes » a été l'occasion de plusieurs confrontations : entre deux monopoles, l'institution éducative et l'institution de radio et télé diffusion, entre l'éducation permanente (et les modèles de Peuple et Culture par exemple) et la formation professionnelle continue (que RTS promotion va contribuer à promouvoir via le magazine RTS promotion), entre les tenants du pouvoir éducatif de l'image (et déjà des apprentissages informels) et les défenseurs d'une formation médiatisée où l'image n'est qu'un support, au mieux un déclencheur, entre la télévision éducative et les multi-media avec l'apparition de supports plus légers (nouveaux magnétoscopes, puis video-cassettes.
C'est un peu l'histoire d'une bataille perdue, mais aussi celle de rêves de pédagogues un peu fous comme celui d'une « Open University » ou d'un « Open college » « à la française », qui a un moment traversé les esprits de certains acteurs de cette époque fertile en innovations et en autant de débats.
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Former des adultes : la nécessaire articulation entre savoir et action. (Journée d'étude autour de l'oeuvre de Gérard Malglaive, Paris, CNAM, Vendredi 23 mai 2008)
Colloque Syndicalisme et formations (Amiens - 16, 17, 18 janvier 2008)
Séminaire Européen - European Seminar (Paris - Sorbonne, juin 2006)