L'éducation populaire et la loi de 1971 : espoir et désillusion
Mardi 16 mars 2010 de
14 h à 17h30,
à Peuple et culture, 108-110 rue Saint-Maur, Paris 11
Les quelques quinze années qui précèdent le vote de la loi
de 1971, constituent un des temps forts de l'histoire de l'éducation populaire
en France. Les associations réapparues ou crées à la Libération regroupent des
effectifs importants et font preuve d'un militantisme actif. En matière de
formation un projet commun s'esquisse autour du concept d' « Education
Permanente » énoncé par Paul Arents en 1955. Ce
thème va être au centre de très riches débats dans le mouvement associatif et
bien au-delà. Par ailleurs la loi de 1959 fait de la « promotion
collective » un des objectifs du développement de l'éducation des adultes
alors que le congé « Cadres-jeunesse » apparu
en 1961, reconnaît la nécessité d'une formation des militants, comme l'avait
fait auparavant le « Congé d'éducation ouvrière » pour les syndicats.
En outre les subventions accordées par la Jeunesse et les Sports ont été multipliées
par dix entre 1958 et 1966. Enfin, dans le domaine de la formation des adultes
les associations d'éducation populaire par le volume de leurs interventions
apparaissent comme des acteurs importants devançant même les acteurs du monde
professionnel.
En 1971 les associations dans leur ensemble accueillent
favorablement le projet de loi et ce d'autant plus, que, par une action de
lobbying conduite par certains de leurs responsables auprès du Sénat, le terme
d' « Education Permanente » apparaît dans le titre même de la
loi ajoutant même un objectif culturel que n'avait pas le projet initial,
directement inspiré des Accords de 1970 conclus entre les cinq syndicats représentatifs
et le patronat, à des fins essentiellement professionnelles.
Au-delà de cet assentiment général sur le fonds, le
mouvement associatif attend beaucoup du « congé de formation » à travers
lequel il souhaite développer des actions en faveur des salariés et bénéficier
ainsi de la manne financière que représente le « 1% entreprise ».
Très vite le désenchantement puis l'amertume vont se développer.
En effet, la loi apparaît avant tout comme un outil de développement des compétences
professionnelles des salariés de l'entreprise, ce qui, alors, ne relève pas du
domaine traditionnel d'intervention de l'éducation populaire. En outre, les mécanismes
de financement du congé formation limitent considérablement le nombre des bénéficiaires
de celui-ci tout en faisant dépendre sa mise en œuvre réelle de l'acceptation
des directions. Par ailleurs, par la loi, c'est le mode du marché qui l'emporte
et désormais la convention se substitue à la subvention, mode traditionnelle de
financement des associations. Enfin, pour beaucoup, s'engager dans cette voie
c'était prendre le risque de « perdre son âme » d'une part en négociant
avec le patronat, d'autre part en privilégiant la formation professionnelle sur
le développement personnel et culturel.
C'est à l'ensemble de ces questions que nous voudrions
essayer de répondre tout en établissant un bilan de l'action formatrice des
associations d'éducation populaire à l'époque et en s'interrogeant sur la
nouvelle donne créée par l'apparition du concept de « Formation tout au
long de la vie » dans les années quatre vingt dix.
Introduction :
- Noël Terrot : La loi de 1971 et
l'éducation permanente
- Françoise Tétard : La loi de 1971
et les mouvements d'éducation populaire
Sont invités :
- Jean-Michel Belorgey (Chargé de
mission auprès de Jacques Delors)
- Gille Le Bail (Fédération des MJC, président du CNAJEP)
- Dominique Alunni (CCO et Culture
et Liberté)
- Un représentant des Francas et
un représentant de Peuple et Culture
Débat.