Groupe d'étude - Histoire de la formation des adultes 

Des usages de la formation dans le cadre de la mobilité professionnelle. Le cas de la Société Générale (années 1920-1980)

Séminaire du mardi 3 décembre 2019 - 16h - 18 h

ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

Invité : Nicolas Divert, maître de conférences en sciences de l'éducation, université de Paris-Est Créteil (UPEC) LIRTES

Le secteur bancaire apparaît comme particulièrement engagé dans la formation de son personnel. Dès les années 1920, la Société Générale ouvre ses premières écoles et, progressivement, une offre variée de formations, parfois associée à la préparation de diplômes, sera proposée. Les formations internes, interbancaires ou d’État dessinent des outils de la gestion de ressources humaines qui vont participer à façonner les carrières. Aussi, à partir d’entretiens biographiques réalisés auprès de retraité·e·s de cette banque (n= 113), d’analyse de documents internes et de l’étude des livres d’or d’une école destinée aux futur·e·s gradé·e·s, cette présentation vise à appréhender les liens pensés entre la formation et la mobilité professionnelle jusqu’aux années 1980, période au cours de laquelle les écoles internes sont fermées.

 

Le mouvement des ciné-clubs (1920-1999) : Foyers de culture populaire ou formation par l’image ?

Cycle de séminaires

coordonné par Christiane Étévé

Mardis 4 février et 12 mai 2020 de 15h30 à 17h30

ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

« Il est possible que les futurs historiens considèrent que l'un des événements les plus importants du cinéma depuis 1944 aura été le développement des ciné-clubs » (André Bazin, 1948).

 

« Nous trouvons dans les ciné-clubs nos cours du soir... » (François Truffaut, 1986, Arts). 

 

Au moment où, en 2020, on va célébrer le centenaire des ciné-clubs, le Gehfa s’associe à la manifestation en organisant un séminaire sur leur histoire.

 

Quelques points de définitions et notions connexes

 

Au sens large, le ciné-club se présente comme un club d'amateurs de cinéma pour la promotion des films de qualité, assorti d’une présentation et d’une discussion.

Parler de « mouvement » des ciné-clubs, c’est mettre l'accent sur le rôle des mouvements sociaux dans les usages du cinéma servant différents buts : moralisation, propagande, développement culturel, éducation, sensibilisation artistique... et analyser, en retour, en quoi ce regroupement volontaire autour d’une activité de loisirs génère une forme de communauté et produit de la culture, de l’éducation, des compétences, des institutions.

À quelle sociabilité a-t-on à faire par la fréquentation des salles de cinéma ? Quels sont les acteurs ? De quelle formation et apprentissage s’agit-il ? Comment le mouvement, né au XXe siècle, a-t-il évolué au cours du siècle suivant ? 

Penser en termes de mouvement social, c’est aussi croiser l’histoire de l’éducation populaire, elle-même partie de l’histoire de l’éducation des adultes, hier et aujourd’hui, et celle du cinéma, comme art et industrie culturelle, depuis sa production, sa transmission et distribution et de leurs publics. C’est donc aussi situer les politiques de la culture initiées par le ministère Jean Zay et tenir compte de la sociologie des loisirs, voire de l’anthropologie culturelle, puisque la pratique cinématographique est l’une des pratiques culturelles parmi d’autres comme le théâtre, la lecture, la musique…qui met en œuvre le pouvoir de l’imagination.

Le premier ciné-club se tient, grâce à Louis Delluc, à Paris, dans la salle des Ursulines, en 1920, mais le mot « ciné-club » a déjà été précédé de celui de « cinéphile », surgi, lui, dans les années 1908-1910, en France. La cinéphilie fait l’objet d’articles dans des revues savantes et causeries cinématographiques (Gauthier, 1999 ; Gauthier, 2000) ainsi que de pratiques variées autour des films, assimilées à des « rendez-vous entre spectateurs et films » (Ethis, 2007).

Le ciné-club se pose d’emblée comme lieu de bataille contre le cinéma commercial (le procès de Valence qui affranchit le ciné-club des taxes dues par la salle commerciale est resté célèbre, Hamery, R., 2012) et pour sa reconnaissance comme art et moyen de lutte et d’émancipation et cette position suscitera plus tard, des réactions (Langlois, Franju). La forte expansion se situe entre 1945 et 1970, sous l’influence des mouvements et des actions d’éducation populaire, confessionnelles et laïques (Soldé, thèse en cours). C’est dans cette période que Travail et culture, puis Peuple et culture, élaborent des guides et des outils pour accompagner le travail des militants (Fiche d’animation de ciné clubs, « Regards neufs sur le cinéma », intégration du film dans le Cercle culturel).

Le rôle des revues et des fédérations de ciné-clubs est à prendre en compte pour la propagation des éléments d’analyse critique en faveur de films « de qualité » et de la diffusion de l’information sur des œuvres peu connues. 

À partir des années 1960-70, et sous l’influence des instituts de filmologie et des enseignements de cinéma à l’université, des débats plus théoriques circulent entre sémiologues et politiques (Barthes, Metz/Pasolini).

L’apparition de nouveaux médias et leurs configurations sociotechniques (TV, puis écrans d’ordinateurs, smartphones, abonnements à des réseaux, plates formes…) vont modifier l’accès aux films et vider peu à peu les salles de ciné-club (Hoare, 2017).

Les travaux croisant histoire du cinéma et de l’éducation des adultes existent comme le montrent la rédaction d’un ouvrage sur la réception d’un film de formation d’adultes (Laot, 2014), l’intervention de Pascal Laborderie dans un précédent séminaire du Gehfa sur le cinéma éducateur entre les deux guerres, la thèse de Léo Souillés-Debats, soutenue en Arts, celle aussi de Christophe Gauthier (2000) et celle en cours de Vivien Soldé sous la direction de F. Laot. La question du cinéma ouvrier, jusque-là, peu connue mais présente, cependant dans la recherche de C. Gauthier (1999) vient d’être documentée grâce au doctorat de Luis Felipe Cezar Mundim (2016).

Depuis 1984, l’Association française de recherche sur l’histoire du cinéma (AFRHC) et la revue 1895 fédèrent les démarches scientifiques sur cet objet. 

 

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mardi 4 février 2020

L’animateur de ciné-club, de l’amateur éclairé à l’expert ordinaire.
Portrait d'un formateur par et pour l'image

Intervenant : Léo Souillés-Debats, maître de conférences en études cinématographiques à l'Université de Lorraine, Laboratoire lorrain de sciences sociales

La figure de l’animateur de ciné-club est au cœur de l’histoire de l'éducation (populaire) au cinéma en France. Cette conférence se propose de dresser un portrait de ces formateurs par et pour l'image après la Seconde Guerre mondiale en étudiant l’évolution de ces cinéphiles ordinaires au sein d’un mouvement associatif national extrêmement dense et la reconnaissance progressive de leur expertise dont la légitimité repose moins sur un statut social, une situation professionnelle ou un titre académique que sur l’expérience de la séance.

 

mardi 12 mai 2020

Former à l’animation d’un ciné-club : analyse comparative des sessions de formation des fédérations confessionnelles et laïques


Intervenant : Vivien Soldé, doctorant en sociologie, Université de Reims Champagne-Ardenne, Centre d'études et de recherches sur les emplois et les professionnalisations

 

Notre étude propose une réflexion socio-historique sur les stages de formation d’animateurs proposés par les différentes fédérations de ciné-clubs confessionnelles et laïques. Ces sessions avaient plusieurs objectifs : développer les pratiques éducatives des animateurs (présentation d’un film, organisation d’une séance de ciné-club, gestion d’un débat, etc.), compléter leurs connaissances cinématographiques (esthétique, histoire du cinéma, technique, etc.) et parfois leur faire pratiquer la technique via des stages de réalisation. Elles étaient également de formidables moyens de cohésion entre les animateurs d’un même réseau, qu’ils soient à la tête de la fédération ou dans les ciné-clubs qui y sont affiliés.

 

Ainsi, les annonces de ces sessions au sein des revues ou bulletins internes sont de véritables indicateurs de la puissance des réseaux, les idées qu’ils défendent et peuvent également nous éclairer sur la nature des relations entre les différentes organisations. Dès lors, il nous paraît intéressant de dresser une analyse comparative des formations proposées par les diverses fédérations confessionnelles (FLECC, Film et Vie, Film et famille) et laïques (UFOLEIS, FFCC, FFCCJ/Fédération Jean Vigo). Quels contenus et méthodes sont mis en avant ? Est-ce qu’une véritable différence est perceptible entre les approches des fédérations confessionnelles et laïques ? Quels discours sont tenus à propos des formations des autres organisations ?

 

Bibliographie :

-          Gallois, Alice, et Laborderie, Pascal, « Filmer la cinéphilie dans les stages organisés par l’OROLEIS de Toulouse (1960-1990) »,dans Jean-Paul Aubert, Cyril Laverger et Christel Taillibert (dirs), Les représentations de la cinéphilie, revue Cycnos, n°34, 2018, pp.145-164.

-          Leventopoulos, Mélisande, « La construction collective d’un regard critique : les catholiques et le cinéma dans la France du XXe siècle (1895-1995) ». Thèse de doctorat, Université de Paris VIII, 2013.

-          Palluau, Nicolas, « Former les maîtres au cinéma : les stages UFOLEIS (1949-1959) », dans Frédéric Gimello-Mesplomb, Pascal Laborderie, et Léo Souillés-Debats, La Ligue de l’enseignement et le cinéma : une histoire de l’éducation à l’image, 1945-1989, AFRHC, Paris, 2016, pp. 231-252.

-          Souillés-Debats, Léo, « L’animateur de ciné-club, de l’amateur éclairé à l’expert ordinaire. L’engagement par et pour le cinéma. », dans Figures de l’engagement. Objets, formes, trajectoires, par Jean-Pascal Higelé et Lionel Jacquot, PUN-Éditions universitaires de Lorraine. coll. « Salariat et transformations sociales », Nancy, 2017, pp. 235-257.

-          Souillés-Debats, Léo, « La culture cinématographique du mouvement ciné-club : histoire d’une cinéphilie (1944-1999) ». Thèse de doctorat, Université de Lorraine, 2013.

 

Bibliographie indicative pour l'ensemble du cycle

Baecque, A. de et Frémaux, T., 1995. « La cinéphilie ou l’invention d’une culture ». Vingtième siècle. Revue d’histoire, 46, 1, 133-142.

Chevallier, Jacques et Egly, Max, 1963 (dir.). Regards neufs sur le cinéma. Paris : Seuil.

Darré,Yann, Esquisse d’une sociologie du cinéma, Actes de la recherche en sciences sociales, 2006, 1-2, n ° 161-162, p. 122-136.

Ethis, Emmanuel, 2005. Sociologie du cinéma et de ses publics. Paris : A. Colin.

Gauthier, Christophe, 2007. Une composition française. La mémoire du cinéma en France des origines à la Seconde Guerre mondiale. Thèse de doctorat en Histoire sous la direction de Pascal Ory.

Gimello-Mesplomb, Frédéric, 2006. La politique publique des cinémas en France. In Poirrier Philippe (dir.), Arts et pouvoir de 1848 à nos jours. Paris : CNDP/La Documentation française, p. 60-65.

Gimello-Mesplomb, Frédéric, 2015. Télécharger, envers et malgré tout, une pratique cinéphile ? Cahiers de champs visuels, 12-13, 184-210

Gimello-Mesplomb, Frédéric, Laborderie Pascal et Souillés-Debats Léo, 2016 (dir.). La Ligue de l’enseignement et le cinéma. Une histoire de l’éducation à l’image (1945-1989). Paris : Association française de recherche sur l’histoire du cinéma.

Hoare, Michael, 2017, Éléments sur l’histoire des ciné-clubs en France. Les projections non commerciales, passé, présent, avenir.

Hamery, Roxane, 2012, Les ciné clubs dans la tourmente. La querelle du non-commercial (1948-1955), Vingtième siècle, Revue d’histoire 2012/3, 115, 75-88.

Jullier, Laurent et Leveratto, Jean-Marc, 2010. Cinéphiles et cinéphilies : Une histoire de la qualité cinématographique. Armand Colin,

Leventopoulos, Mélisande, 2015, Les catholiques et le cinéma. La construction d’un regard critique (France, 1895-1958), Rennes, PUR.

Laot, Françoise, 2014, Un film comme source pour l’histoire de la formation des adultes hommes et…femmes. « Retour à l’école », Nancy 1966, PUN.

Laborderie, Pascal, 2015, Le cinéma éducateur laïque. Paris, L’Harmattan.

Montebello Fabrice, « Les deux peuples du cinéma : usages populaires du cinéma et images du public populaire », Mouvements, 2003/3, 27/28, 113-119.

Mumdim Luiz Felipe Cezar, 2016, Le public organisé pour la lutte. Le cinéma du Peuple en France et la résistance du mouvement ouvrier au cinéma commercial (1895-1914), Thèse Université Paris I-Panthéon Sorbonne, Centre d’histoire socoale du XXème siècle

Souillés-Debats, Léo, 2013. La culture cinématographique du mouvement ciné-club. Une histoire de cinéphilies (1944-1999). Thèse de doctorat ss la dir. de Fabrice Montebello et ouvrage sous le même titre (2017, Paris : Association française de recherche sur l’histoire du cinéma). Analyse en ligne par Pascal Laborderie, 2018. Études de communication, n° 33, p. 350-351 

Peuple et Culture Regards neufs sur le cinéma, Seuil, Pec, 1953.

 

Mai 68 et la formation des adultes

Séminaire hors cycle
coordonné par Jacques Denantes

Mardi 12 mars, à l’Etsup, de 15h30 à 17h30 : Second séminaire sur Mai 68 et la formation des adultes

Les centres universitaires expérimentaux de Vincennes et Dauphine

Invités : Guy Berger et Laurène Le Cozanet

 

Le 5 juin 2018, un premier séminaire a rendu compte de la tentative avortée de Bertrand Schwartz de créer un réseau d’associations uni­versitaires de formations des adultes, qui aurait fonctionné en parallèle avec les universités, et de la mise en place de la formation des adultes dans son université par Michel Alliot, président de Paris VII.

Le second séminaire qui aura lieu le 12 mars 2019, sera consacré à l’histoire de la création et de la mise en place de la formation des adultes dans les deux universités de Vincennes et Dauphine auxquelles était donnée une vocation d’expérimentation. Après un rappel par Jacques Denantes des principales dispositions de la loi d’orientation de l’enseignement supérieur du 12 novembre 1968 (dite loi Edgar Faure), le cas de Vincennes sera présenté par Guy Berger, Professeur Emérite en science de l’Education à Paris VIII, celui de Dauphine par Laurène Le Cozanet, doctorante en science politique à l’IRISSO (université de Paris IX), 

 

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Mardi 5 juin 2018, 15h30-17h30
ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

 

Que doit la formation des adultes à mai 68 ? Les événements ont-ils permis d'accélérer son développement ? Quels ont été leurs effets plus ou moins constructifs dans ce domaine ?

L’engagement des universités dans la formation des adultes, qui faisait partie des questions soulevées, en a été une des conséquences. La création en 1969 du Centre universitaire expérimental de Vincennes, ouvert aux non-bacheliers et qui deviendra en 1971 l’université de Paris8-Vincennes (à laquelle sera consacré un futur séminaire), en est la manifestation la plus immédiate.

Diverses décisions avaient néanmoins précédé et préfiguré ces changements : la création d’un IPST à Grenoble en 1951, la création en 1954, à Nancy, du CUCES auquel Bertrand Schwartz a impulsé son dynamisme, avec notamment la création de l’INFA en 1963. Un décret de 1956 avait institué un examen spécial d'entrée à l'université (ESEU). En 1966, un colloque de l’Association d'études pour l'expansion de la recherche scientifique (AEERS) à Caen avait traité de la mission d’éducation permanente des universités. Enfin, il faut évoquer le Cnam, autre établissement d’enseignement supérieur dont la formation des adultes est la vocation, qui avait, depuis 1952, multiplié des centres associés régionaux.

Ce séminaire présentera deux exposés qui replacent ces évolutions dans une perspective historique.

Retour sur l'échec des AUREFA, un projet universitaire de formation d'adultes : une des conséquences de mai-juin 1968 ?

Par Françoise F. Laot, professeure à l’université de Reims Champagne-Ardenne, Présidente du Gehfa

Imaginées entre 1966 et 1968 par les équipes des formateurs et chercheurs du Complexe de Nancy et portées par Bertrand Schwartz au ministère de l’Éducation nationale, les Associations universitaires régionales d'éducation et de formation des adultes (AUREFA) sont officiellement créées par arrêté le 12 juin 1969. C'est l'aboutissement d'une longue réflexion sur les moyens d'institutionnaliser et développer l'éducation permanente sur l'ensemble du territoire national. Pourtant, les AUREFA n'auront aucune existence réelle et seront déjà oubliées au moment de la préparation de la loi sur la formation professionnelle continue (1970-1971).

Michel Alliot et la formation continue à Paris VII : l’œuvre d’un président visionnaire (1970-1976)

Par Arnaud Desvignes, docteur en Histoire moderne et contemporaine de Sorbonne-Université

 Michel Alliot fut le directeur de cabinet d’Edgar Faure lorsque celui-ci était ministre de l’Éducation nationale entre juillet 1968 et juin 1969. Il fut ensuite l’un des principaux fondateurs de l’université Paris VII (la seule université parisienne regroupant les quatre grands groupes de discipline : droit, médecine, lettres, sciences) et le premier président de cet établissement entre 1970 et 1976. Il mit un point d’honneur à développer la formation continue au sein de l’université Paris VII, à proposer des plages de cours et des modalités d’examen permettant aux étudiants salariés ou aux adultes en reprise d’études de mener plus sereinement une scolarité dans le supérieur. L’analyse des livrets de l’étudiant de la période envisagée ainsi que les dossiers relatifs à la formation continue issus des archives de la présidence Alliot permettront de retracer l’originalité de cette expérience.

 

La formation par la recherche

Cycle de séminaires

coordonné par Claude Debon et Christiane Étévé

Mardis 4 décembre 2018, 5 février, de 15h30 à 17h30

ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

Séance du 5 février 2019 : invités Marianne Hugon et Bruno Robbès

 Recherche-action-formation : regards rétrospectifs et actualité

 

Marie-Anne Hugon (professeure émérite en sciences de l’éducation, université Paris Nanterre), assurera la première partie de l’intervention. Après un rapide rappel des traditions de recherche dans lesquelles s’inscrit la recherche-action, seront présentés, en les resituant dans leur contexte socio-historique, les débats qu’a suscité le développement de ce type de recherche au début des années 1980 dans l’aire francophone. On raisonnera à partir d’exemples analysés de dispositifs de recherche-action. Une attention particulière sera accordée aux recherches actions conduites à l’Institut National de Recherche Pédagogique. 

 

La deuxième partie de l’intervention sera assurée par Bruno Robbes (maître de conférences HDR en sciences de l’éducation, université de Cergy-Pontoise). Il présentera d’abord quelques modèles de recherche en collaboration actuellement pratiqués dans l’éducation, outre-Atlantique et en France : recherche collaborative, recherche intervention, recherche-action, analyse institutionnelle et socio-clinique institutionnelle. De là, il précisera ce qu’il entend par « recherche-action de pédagogie », en s’appuyant également sur un exemple. Il conclura en évoquant l’actualité de ce type de recherches.

 

Indications bibliographiques :

 

– Hugon Marie-Anne et Seibel Claude (eds.), 1988. Recherches impliquées, recherches action : le cas de l’éducation. Bruxelles : éditions de Boeck Université.

 

– Robbes, Bruno, 2017. Présentation et tentative d’analyse de la phase initiale du processus de contractualisation d’une recherche-action de pédagogie. Éducation et socialisation, 45. En ligne : http://edso.revues.org/2605 (page consultée le 19 septembre 2017).

 

 

 

 

Séance du 4 décembre 2018 : invité Mokhtar Kaddouri,
professeur émérite à l’université Lille 1

Histoire des formations d'adultes par la recherche, typologie
et modes d'intégration dans les dispositifs de formation

 

De plus en plus de professionnels de la formation des adultes s'engagent dans des dispositifs de formation à la recherche. Après une introduction portant sur les différents critères qui permettent de définir une pratique de recherche, l'intervention tentera de répondre aux questions suivantes :

 

- À quelles conditions un praticien peut-il mobiliser une posture de recherche différente d'une posture d'action ?

 

- Pour quels usages les praticiens mobilisent-ils la formation à la recherche ?

 

- Quels rapports ont-ils à l'égard de l'objet de recherche ?

 

Ces points seront alimentés par la pratique de l'intervenant en s'appuyant sur des exemples tirés d'observations effectuées auprès de professionnels inscrits dans des dispositifs de formation à la recherche (notamment des masters à orientation recherche.

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Présentation générale du cycle

 

 Plusieurs facteurs affectent les rapports entre science et société : évolution rapide des connaissances, part croissante des capacités d'abstraction et de réflexion dans l'appréhension des situations professionnelles, allongement des études… Une place grandissante est observée de l'apport de la recherche en formation continue et en formation initiale des adultes.

 

Plusieurs types de formation à et par la recherche se développent aujourd’hui qui mettent en relation active les expériences et savoirs des praticiens et les savoirs de la recherche patentée.

 

On cherchera à comprendre dans le séminaire :

 

  • De quelle histoire ces dispositifs sont-ils-issus ? Quelles transformations y sont en œuvre ?
  • Quels savoirs et quels types de recherche sont mobilisés ? Quelles méthodologies de recherche ? Quel rapport entre « le chercheur » et l’objet de la recherche ?
  • Quelles pédagogies sont en œuvre dans ces formations ? Quelle place est donnée à la production de recherche par les apprenants ?
  • Quelle qualification professionnelle nouvelle est recherchée ? Peut-on parler de nouvelles professionnalités ? Est-on dans une simple instrumentalisation, dans une recherche de transformation des situations économiques et sociales ?

 En s'appuyant sur des situations variées et en tenant compte de la perspective historique le séminaire :

  • se centrera sur les dispositifs et démarches de formationqui donnent une place aux objectifs et processus de recherchepour former des professionnels non futurs chercheurs qui participent de la production ou du développement de leur professionnalisation ; 
  • cherchera à spécifier les types de recherche présentes dans ces formations avec leurs enjeux, objectifs, démarches et outils qui permettent de définir de quelle recherche il s'agit ;
  • cherchera à comprendre les relations entre l'apprenant-chercheur et le chercheur professionnel : quelles nouvelles compétences, identités professionnelles, quelles négociations des objets de recherche …
  • tentera d'analyser les enjeux de ces formations sur les évolutions des professions et les démarches d'apport de connaissances nouvelles pour les acteurs. De nouvelles professionnalités en construction ? Quelle circulation nouvelle des savoirs ? 

 

Les interventions :

 

  • séance de 4 décembre 2018 : Mokhtar Kaddouri Histoire de la recherche et types de recherches de production de connaissance dans la formation d'adultes. Illustration dans des formations Dheps ou Master pro et recherche…
  • séance de 5 février 2019 : Marie-Anne Hugon et Bruno Roddes De la recherche-action aux recherches impliquées ou collaboratives ; De Lewin et Dewey à .la pédagogie socio-constructiviste.

 

Formation, recherche et médias au milieu du XXe siècle

Mardi 5 décembre 2017, 15h30-17h30

Attention ! le séminaire aura lieu à Peuple et culture, 108 rue Saint-Maur, 75011 Paris

Expériences, de la Radiodiffusion nationale à l’ORTF

Intervenante : Jocelyne Tournet-Lammer, anciennement cheffe de groupe au Service de la Recherche de l'ORTF*, présidente du Comité d’histoire de la Radiodiffusion**

 

 

Le savoir et le vivre : pour une école où s’entrelacent moments d’expérience et sessions d’études.

 

 C’est à partir d’une réflexion sur l’enseignement que s’est développée, dès le milieu du XXe siècle, une recherche institutionnelle. Celle-ci s’impose peu à peu dans le contexte des médias, d’abord à la radio puis à la télévision, sous la houlette de Pierre Schaeffer.

 

 

Cette recherche associée à la pratique des médias (son, texte, image) est passée par plusieurs étapes :

 

- création de structures nouvelles ne répondant plus uniquement au schéma hiérarchique pyramidal traditionnel,

 

- formation de cadres basée sur la pratique, sur l’expérience de la réalité, et non plus uniquement sur la théorie,

 

- usages des médias et examens continus du retour d’expérience (autoformation)

 

- recherche de nouveaux dispositifs de communication.

 

 

Parmi ces structures nouvelles : le Studio d’Essai de la radio, le Studio-École de Maisons-Laffitte (radio), le Service de la Recherche de l’ORTF (télévision)…

 

_____________________

*Offiice de radiodifusion-Télévision française.

**Jocelyne Tournet-Lammer a été chargée de recherche et proche collaboratrice de Pierre Schaeffer, elle est également fondatrice de l'association Mémoire de mondes, mémoire d’avenir.

 

Idées, politiques et pratiques patronales de formation (1914-1944)

Quatrième séminaire du cycle

ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

 Le Centre des Jeunes patrons/Centre des jeunes dirigeants
et la formation professionnelle. Années 1950-1970

 Intervenant : Florent Le Bot
 

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Les écoles de dessin et la formation des adultes : Paris, 1800 - années 1860

Séminaire

mardi 6 décembre 2016 : 15h30 - 17h30

ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

Invité : Renaud d'Enfert
professeur à l'Université de Picardie - Jules Verne

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Causerie autour de l'histoire avec Arlette Farge

initialement prévue le 11 octobre 2016, reportée à une date ultérieure

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Les images dans la formation des adultes, histoire des appareils de projection : "de la lanterne magique au projecteur diapos"

 

mardi 19 mai 2015, de 15h30 à 17h30
à l'Etsup, 8 villa de Parc Montsouris

Intervenant : Patrice Guérin, professionnel de l'audiovisuel et collectionneur passionné, spécialiste des projections fixes.

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Première Causerie, le mardi 24 mars 2015, avec Alain Corbin

 

Lancement des "Causeries autour de l'histoire", nouveau rendez-vous du Gehfa, avec Alain Corbin

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Actualité, enjeux et problèmes de la conservation des archives : les archives de l'éducation populaire et de la formation des adultes

Mardi 25 mars 2014 - 15 h 30 - 17 h

ETSUP 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

 

Invités : 

  • Gaëtan Sourice, Pôle de conservation des archives des associations de jeunesse et d'éducation populaire (Pajep)
  • Guillaume Nahon, directeur des Archives départementales de la Seine-Saint-Denis et Pascal Carreau, responsable des archives privées au Centre départemental d'archives de la Seine-Saint-Denis.

Le séminaire sera suivi de l'assemblée générale du gehfa avec le renouvellement du conseil d'administration à partir de 18 h.

 

La formation dans les armées et la gendarmerie : pas seulement une histoire d'épaulettes ?

Mardi 2 décembre 2014 - 15 h 30 - 17 h 30

ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

Histoire de la formation et de la professionnalisation
dans la gendarmerie et la police

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La formation d'adultes dans des contextes de décolonisation

Téléchargez les actes du cycle de séminaires :

L'Histoire de la formation dans les contextes de décolonisation

 

Coordination Jacques Denantes

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